jeudi 28 juin 2012

111 Correction maritale


Un extrait littéraire qui date de plus de 120 ans.

Les mésaventures d'une jeune fille qui essaye de percer le secret du mariage et qui croit faire une découverte de plus étonnante. Inutile de dire que la fessée occupait et occupe peut-être encore une belle place en matière de théories sexuelles de la petite enfance. Notons la présence d'un martinet avec un manche en ébène qui sert « parfois à menacer les chiens ».

Je garde toute interprétation pour moi et je profiterai d'un autre post pour un petit texte perso sur mes propres fantaisies cuisantes en rapport avec le mariage.

Source : Bibliothèque nationale



- Nom d'un tonnerre! Lili, vas-tu un peu nous laisser tranquilles !


- Je veux savoir ce que c'est que le mariage! na, je veux! je veux!

Eh bien puisque tu le désires absolument, je vais te le montrer, « Et … il décrocha au coin de la cheminée un joli martinet à manche d'ébène qui
servait parfois à menacer les chiens quand ils n'étaient pas sages, puis renversant délicatement Lili sur ses genoux, il souleva ses jupes, et, malgré ses réclamations indignées, il lui administra une fessée bien comprise sur les parties potelées et charnues... Quand ce fut fini, il remit Lili sur ses pieds, puis il lui dit gravement:

- Voilà ce que c'est que le mariage. Et maintenant que tu-sais tout ce que tu voulais savoir, retourne chez toi, et ne nous romps plus les oreilles...


Lili rentra dans sa chambre avec une gravité singulière, et de ce jour, loin d'envier sa sœur Marguerite, elle se prit à la considérer avec une commisération profonde. Le beau vicomte de Chabert, charmant dans son dolman à brandebourgs, orné de tresses d'argent et de soutaches en hongroises, avait beau se montrer chaque soir de plus en plus tendre, de plus en plus amoureux, de plus en plus pressant sous les yeux attendris des parents feignant de ne rien voir, Lili n'enviait plus le sort de sa sœur, et ne s'intéressait plus à ces épanchements discrets dont l'épilogue devait se traduire par une formidable fessée. Ainsi, il arriverait un jour où cet officier, qui paraissait si câlin, prendrait pauvre Gri-Gri sur ses genoux, comme avait fait le marquis pour elle, il retrousserait les jupes de la belle brune, et le martinet viendrait marbrer de cinglures rouges la jolie chair de grande sœur. N'était-ce pas épouvantable ? A cette seule idée, les larmes lui venaient aux yeux.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire