Mise
à nu d'un fantasme !
Cmnf, clothed
males, nude females qui veut dire en français :
monsieur habillé, dame toute nue. Cette abréviation que je ne
connaissais pas, il y a quelques semaines et qui vient des mots clefs
de recherche de mon blog. Enfin de la partie non censurée par un
grand moteur de recherche que je ne nommerai point. Pourtant le
mystère persiste :
Comment a pu aboutir cette recherche chez moi ?
Alors, vue le nombre de ponts au mois
de mai, j'ai pu réaliser une petite enquête auprès des amis de mon
chéri. Un peu comme chante Léo Ferré :
Les
gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles a
certaines heures pâles de la nuit...
J'ai bien entendu aussi interrogé mon
homme, disponible en quasi permanence d'ailleurs (je
finis mon truc et je suis à toi, isabelle!) et sans
surprise, lui il ne connaissait pas non plus. Ce qui me semble
crédible, car étant assez Yesterday
man décomplexé, les nouvelles tendances du marche du s*x
l’intéressent plutôt comme sujet de discussion ou sous forme de
magazines gentillets, comme ceux de son adolescence. Chez ces amis
d'abord un constat simple, ceux qui font beaucoup de net...
connaissent. Évidement, contrairement à moi, ils ne sont pas
monomaniaques du pan-pan cucul.
Toute compte fait, il me
semble que ce fantasme chez certains messieurs exprime une tendance
de dominant, mêlée à une aspiration passive. Style pacha dans son
fauteuil qui prend plaisir de voir sa dame évoluer toute nue à la
maison en prenant les initiatives récréatives. Parfois cela peut
prendre aussi un penchant pour la dame qui se présente en offrande
avec son effet de désinhibition, de détonateur pour une libido
habituellement quelque peu... molle. J'avais déjà parlé de
constructions comme dominant/passif dans mes réflexions
d'une dominatrice qui articulent et conjuguent autour
de paires sado/maso, dominant/soumis et actif/passif. De plus ces
réflexions proviennent d'une authentique dominatrice, donc d'une
femme de terrain qui connaît par conséquence bien les messieurs.
Puis, surprise, en creusant
un peu pour comprendre la genèse de ce fantasme, je suis tombée sur
une situation décrite dans un
commentaire fort pertinent d' Amandine.
Les messieurs qui apprécient dans leur fantaisie ou dans le réel ce
type de situation (pour la variante passive ; je précise)
avaient des mères peu pudiques qui se promenaient régulièrement
toutes nues sous les yeux de leur fiston. Je ne vais pas sur le
terrain d'interprétation et je me limite aux faits. Mais il n'est
pas compliqué d'imaginer de transpositions possibles de ce vécu à
la puberté et à l'âge adulte.
Ceci dit, loin de moi de
voir le cmnf sous une explication qui se veut générale. Car il
existe d'autres mécanisme selon mes témoignages. Par exemple une
revalorisation narcissique particulière dans laquelle le phallus (=
sorte d’objet imaginaire qui promet et contient à et pour son
porteur/propriétaire la jouissance ultime) ne se trouve plus sur le
monsieur et agite devant ses yeux sous forme... d'une dame désirée.
Ou, sur un plan métaphysique, poétique, romantique, sublimé, le
fameux mystère de la femme que l'on souhaite mettre a nu. Cette
hantise de bien de grands garçon de vouloir comprendre comment
jouissent les filles, hantise par dessus laquelle ils oublient même
ce qui se passe dans leur propre slip. Hantise qu'implique la
capacité pour le moins que l'on puisse dire hypothétique de se
mettre à la place d'une dame. Ainsi arrivons nous à la jouissance
de l'autre et par extension à une de plus vielles questions du
monde :
Qui
jouit le plus, le mieux, les plus intensément... l'homme ou la
femme ?
On peut donc voir dans le
cmnf une sorte de jeu autour de la distinction jouissance de
la dame/ jouissance que procure (la vue de) la dame. Assister à la jouissance
de l'autre. Jouir de la jouissance de l'autre. Commander, contrôler,
maîtriser la jouissance de l'autre. Bref tout ces messieurs qui se
posent des questions sur la jouissance de la dame et qui aimeraient à
leur façon percer le secret du plaisir de la dame. Messieurs souvent
reconnaissables par leurs propositions et leurs allusions à leur
savoir faire. En gros une belle famille de fantasmes qui ne tombent
pas toujours dans les oreilles d'une sourde. Car beaucoup de femmes,
consciemment ou inconsciemment, passent leur vie à tout faire pour
incarner le phallus aux yeux d'un monsieur. Enfin de créer une
apparence, la féminité quoi, qui possède le caractéristique de
détourner le regard des organes génitaux, en se rendant « belle »,
comme on dit habituellement (définition de la féminité, librement
adapté d'un article de M. Cournut-Janin ; 1994).
Par conséquence le cmnf est
un fantasme que me plaît beaucoup. L'effet sur mon homme est
fulgurant. Par exemple quand je lui sers toute nue son café dans son
bureau pour m'activer par sa suite sous son bureau ou devant son
fauteuil. Donc l'autre conséquence, le cmnf plaît aussi beaucoup à
mon homme. Comme beaucoup de personnes qui ont reçues une éducation
très stricte, il timide de chez timide, lui, concernant la nudité.
Pour lui, la nudité a perdu très tôt son innocence en se
sexualisant autour d'un fantasme de dames nues ou du moins de la
sienne, le provoquant ostensiblement et avec savoir faire. Bref rien
de bien méchant, flattant un maximum mon narcissisme qui trouve son
bonheur en charmeuse de serpent (non, non je ne suis pas du tout
phobique de ces bêtes). Je prend un plaisir particulier quand je
vois le pantalon de mon homme bien tendu. En gros l'opposé d'un
fantasme de fessée qui apprécie les derrières bien tendus sous les
vêtements. Notons toute la richesse que le cmnf ajoute aux fantasmes
de punition. Et le comble, autant pour mon homme que pour moi,
consiste dans une belle correction, moi toute nue sur ses genoux...
honteuse de ce qui m'arrive ! Mon homme reste habillé, cela va
de soi, pour contraster, pour dramatiser, pour instaurer un cadre
d'autorité. Loin d'un fantasme de fessée « débauche »,
nous aimons donner une réalité, l'un comme à l'autre, à nos
rêveries autour d'un « authentique » contexte de
discipline d'antan...