Une
fois n'est pas coutume...
Un
petit teaser pour introduire ce texte, une réédition, mais j'y
tiens beaucoup. Je me retrouve bien dans le tempérament de la belle
Sophia dans cette scène culte qui a bercée mon enfance. Remettons
nous dans le contexte de l’époque. Nous sommes au début des
années 80 en Allemagne. Le unisexe bat son plein. Je n’ai jamais
vu ma maman en jupe ou robe. Ses sous-vêtements se résument à des
(horribles) soutien-gorges sans la moindre dentelle avec des culottes
assorties (au moins ça !). Et par dessus des jeans moulants et des
gros pulls péruviens. Elle porte ses cheveux très courts à la
manière des féministes allemandes et il y avait même une phase de
teinte henné. Quand aux pieds, c’est le fameux « Birkenstock »,
chaussure d’un érotisme torride.
Heureusement elle a un très beau
visage et un joli corps de poupée qu’elle a su de me transmettre.
Malgré son apparence unisexe, elle ne peut nier ses origines
toscanes. Elle sait faire les pâtes maison et plein d’autres plats
typiques pour cette région, mais méconnus en Allemagne. Elle est
théâtrale et exubérante. Elle aime rire, danser et faire la fête. Et puis un jour pour le carnaval, je
tombe de mes nuages. Elle s’est déguisée en Sophia Loren avec
corset et bas, une magnifique robe et un chapeau délirant. Qu’elle
est belle ma maman. Les gens dans la rue se retournent sur elle. Je
suis si fière d’elle. Mais c’est un rêve d’un jour. La tenue sombre dans son placard. Il
m’arrive de la sortir, de la toucher et admirer. Bien sur aussi de
la mettre, mais c’est beaucoup trop grand et je n’ai pas encore
un corps de femme.
Moi à cette époque c’est des
culottes rigolotes en coton ou encore imprimées avec des dessins
romantiques. Ma maman insiste très tôt que j’aie le droit de
choisir moi-même les vêtements qui me plaisent. C’est toujours
une fête pour moi de faire les magasins avec elle. Je suis encore en
phase d’imiter ma maman. Les cheveux courts, les jeans, les
Birkenstock et toute la panoplie. Mais sa tenue de Sophia s’est
incrustée dans mes rêveries. Moi aussi, adulte je veux qu’on se
retourne sur moi. Puis arrive l’adolescence, le
changement du corps. J’hérite le bassin peu large et le fessier
bien rebondi ma maman. Les premières boums se passent à la
merveille. Les garçons sont très avenant avec moi.
Pour une boom de carnaval vers mes
seize ans, je décide de porter le costume de ma maman. Je ne suis
pas complexe du tout et me parer d’un exotisme d’antan ne me
dérange pas. Mes copines me déconseillent, trouvent ce genre de
vêtements ridicule. Nous somme déjà à l’époque des dim-up (et
oui ça date !), mais tout de même. Un corset cela craint pour
reprendre les expressions branchées de l'adolescence. Personne ne se
doute encore qu’un jour cela reviendra à la mode.
Je ne me laisse pas décourager. Je ne
suis pas imbue de ma petite personne, mais je ne manque ni d'audace,
ni de confiance en moi. Au début ma tenue est un succès
mitigé auprès des garçons. La plupart entre eux se moquent de moi
en me disant que je fais encore « l’italienne ». En même
temps ils sont intrigués, surtout par l’effet de ma taille serrée.
Les allusions pour ce qui se devine facilement en dessous de ma robe
ne manque pas. Puis rien que le mot « bas » ou encore « corset »
s’utilise comme synonyme d’un tabou (merci les féministes
allemandes) ou du moins comme malfamé. Pour éviter toute confusion
avec le petit clip, en haut de ce sujet, je n’ai pas fait de
strip-tease à la boum. Par contre je me suis trouvée devant un
choix considérable de garçons.
Ce soir là, après m’avoir choisi un
chevalier galant, j’ai fait une découverte fascinante. L’effet
du vêtement d'une fille sur un garçon. Cette sensation de se
présenter en paquet cadeaux qui fait briller les yeux du garçon,
qui réveille sa curiosité et son sens de découverte. La main qui
glisse le long de la cuisse sous la robe et qui découvre les bas et
leurs attaches. Qui explore l’inconnu avec une joie inouï,
comparant par des caresse la différence du toucher entre la peau
couverte du bas et la douceur de la peau d’une cuisse fémine.
(Il avait de
la chance ce gars ! Qu'est-ce qu'il a râlé mon
chéri quand je lui ai raconté cette anecdote. Et moi je n'ai pu
m’empêcher de lui tirer la langue, en ajoutant un loooong :
T'es
jaloux ? Ben oui, moi
j'ai dû attendre longtemps pour trouver une femme en bas et corset!)
Je ne connaissais pas encore la chanson
de Gainsbourg qui parle de la pudeur des sentiments. J’ai découvert
sur moi-même la signification profonde. En fait, la plupart des
garçons sont trop pressés avec les filles. Là, où nous attendons
des gestes lents et langoureux, nous nous trouvons devant « monsieur
trop pressé » qui semble vouloir gagner une course de rapidité.
En se parant de la belle lingerie
d’antan nous arrivons facilement à mettre le garçon sur notre
longueur d’onde. Il ralenti et apprend à savourer la découverte à
tout petits pas. Chaque détail l’intrigue et réveille son sens
d’explorateur. La lingerie l’impressionne autant qu’elle
l’excite. Il est un peu perdu par le choix de sensations
différents et il n’en veut rater aucune. Le paquet cadeau
l’empêche de se précipiter, lui impose le respect pour le
ressenti de la fille. Par le biais de sa tenue, elle le met au pas, à
son rythme à elle. Elle le synchronise et harmonise à la façon
d’être des filles. Quand il aborde enfin les endroits
stratégiques, le jardin secret de la fille est largement préparé
et couvert de rosée pour accueillir un conquérant digne de ce nom.
Dans ce sens un grand merci à la lingerie coquine. Inutile de dire
que je me méfie un peu des messieurs qui n’aiment pas la lingerie
fine !
Je profite pour signaler la mise à
jour de mes rubriques Anecdotes
et récits ainsi que mes Faits
divers.
Anecdotes et récits depuis Le 1 mai
2013
Fait divers depuis le 11/04/2013