Déculottée
et dans la règle de l'art
Le mois de décembre dans ma région
natale en Allemagne offre pour le plus grand plaisir de la population
que l'on surnomme affectueusement les natures heureuse de merveilleux
marchés de noël. Étant fraîchement en couple depuis quelques
temps à la fin du dernier millénaire j'avais trop envie de partager
ces jolies coutumes avec l'homme de ma vie. Nous avons profité des
vacances de mes parents pour leur garder la maison. Et je me suis
fait un plaisir de présenter à mon chéri les coups de cœur de mon
enfance et adolescence. Cela concernait également le bien-être du
corps. Au fond mon homme est terriblement pudique. Alors hors de
question à cette époque par exemple de lui demander de faire du
sauna en famille. Notamment que cela se fait - coutume allemande
oblige – dans une nudité totale et la serviette sert seulement
pour poser son derrière et non pas pour cacher certaines parties de
son corps. De plus l'idée que mes parents découvrent et fassent
d’éventuelles remarques sur mon entrejambe désormais lisse dans
le moindre recoin, l’embarrassait au plus haut dégrée. Tandis que
moi, j'étais follement amusée de le voir se dévoiler aussi
guindé :
Voila
qui t'apprendra de demander à une fille de se raser partout,
partout...
Certes, nous étions à la fin des
années 90 et il n'était pas encore coutume de se présenter de
telle manière. L'épilation intégrale se concevait comme une
expression de mœurs légères, utilisée par des dames très portées
sur la chose. Et mon homme ayant eu un premier et excellent contact
avec mes parents, avait vite flairé que cacher son penchant pour les
pubis glabres sous un prétexte d’hygiène intime de plus
rigoureuse aurait provoqué très certainement un fou rire général.
Loin de moi de vouloir me moquer - outre qu'en tête à tête - de sa
pudicité quelque peu trop exagérée à mon goût. De plus j'étais
déjà au courant de l'éducation très stricte qu'il avait reçu,
alors j'avais tout mis en place pour le mettre à l'aise.
Au mois de décembre il fait très
froid dans ma région natale. Hors de question donc de se promener en
plein air en bas et porte-jarretelles. Cela reste réservé pour
l'intimité à la maison, pour la « gémütlichkeit »
sorte d'état qui exprime bien-être et confort à la fois. Ma maman
avait déjà pendant les quelques jours en commun remarqué mon
changement vestimentaire. Moins de jeans et l'accent sur les robes et
jupes. Ayant connu la
grande époque des bas, il ne lui avait pas échappé
que sa fille ne semblait jurer desormais que par ces petites choses
d'un autre âge :
Trâgst du
jetzt Strape isabelle (tu t'ai mise au porte-jarretelles, isabelle) ?
J'ai vu mon pauvre chéri se sentir
subitement peu à l'aise à l'idée que ma mère devine ses petite
faiblesses. Mais il a pu vite se rassurer par la suite de la
conversation entre femmes (en présence des hommes) dans laquelle ma
mère a raconté quelques anecdotes sur les bas qui filent ou qui se
détachent au mauvais moment. Idem pour la petite ruse de réparer
une attache cassée de jarretelle avec une pièce d'un « Pfennig »,
un cent allemand. Bref mon chéri a du passer quelques rudes épreuves
pour se faire à l'esprit joyeux qui règne dans ma famille. Il n'a
pas manqué non plus que ma mère me menace d'une fessée « auf
de blanken » (sur le postérieur tout nu) comme cela lui
arrive parfois pour plaisanter :
Dir gehört
mal richtig der blanke versohlt, isabelle ! (Tu
mériterais une bonne fessée, isabelle)
Oh
oui, Maman ! Mais c'est mon chéri qui s'en chargera.
Bon, le chéri en question a failli
s'étouffer devant son digestif sans encore être au bout de ses
peines. Car le soir au lit, étant fort inspiré pendant toute une
journée par les marques de mes jarretelles sous un jupe droite très
moulante, il avait rudement envie de moi. Et moi de lui. Je ne sais
pas ce qu'il avait imaginé. Peut-être que je me retienne au niveau
sonore à cause de la présence de mes parents dans la maison ?
Or, rien ne fut. Je me suis laissée aller comme à mon habitude pour
accompagner dignement mes émois. D'où le lendemain matin les
sourires en coin de mes parents. Enfin, ils me connaissent et se
souviennent bien quand je passai jadis la nuit avec un petit copain à
la maison. Parents cool, parents copains. Par contre mon homme – et
c'est pour cela que je l'aime tant – n'est pas vraiment cool. Il y
a des limites à ne pas dépasser avec lui, ce qui est au fond très
rassurant. Alors j'ai vu ses yeux parler :
Jeune dame,
dès que possible nous allons avoir une sérieuse discussion !
A suivre...