mercredi 6 décembre 2017

1068 Je vais te soigner (Petite fiction ou non)

T'étais passée où isabelle ?

Il est en colère mon chéri. Cela se voit. Il est tout rouge. J'ai presque envie de rire. Cela s'entend aussi. Il a levé sa voix qui porte et qui ne promet rien de bon. J'ai beau à lui montrer toutes les produits de maquillage que je vais ajouter dans notre caddie de courses, il ne veux pas m'écouter. Pour couper court il a une bonne parade.

Une fois à la maison, je vais te soigner !

Au retour dans la voiture je me tais pour ne pas augmenter sa colère. Pas la peine de négocier. Le verdict est déjà tombée. Pourtant je n'avais disparu pas plus qu'une... demi-heure... trois quart heure... Il a horreur que je disparaisse pendant les courses au supermarché sans le prévenir et que je reste introuvable pendant un long moment. Dépassée par ma compulsion pour les produits de beauté, je n'ai montré aucun respect pour la présence de mon homme. Parfois c'est plus fort que moi et je regrette sincèrement mon geste. Vu qu'il s'agit d'un faux pas récurant, je suis plutôt consentante du sort qui m'attend. Je me suis comportée comme une ado, incapable d'appliquer les bonnes résolutions et qui dans ce cas - malgré ses « airs de grande » - est tenue de se plier encore aux châtiments corporels.

Nous allons réviser tes classiques autant de fois que besoin y est.

La perspective de devoir tendre son fessier tout nu à l'action bienfaisante d'un martinet est humiliant. Plus humiliant encore c'est que la discipline à l'ancienne pour grandes filles vit du consentement clairement exprimé. Il faut d'abord avouer sa faute. Admettre à haute voix que je me suis moquée de mon homme et que je lui ai manqué ainsi le respect. Admettre un comportement égoïste, indigne d'une adulte. Admettre que je n'aie pas encore dépassé l'âge du martinet. Puis je dois solliciter ma punition.

Je n'arrive pas toute seule à me débarrasser de mes mauvaises habitudes. J'ai besoin du martinet pour progresser sur le droit chemin.

Accédant à ma demande, le martinet va être décroché, puis c'est l'heure de la séance de déshabillage. Monsieur me courbera sous son bras et c'est parti pour un cul en feu. Un rituel de correction bien rodé. En y pensant je n'ai nullement intention de faire la fière devant mon homme. Seulement je me connais. Parfois pendant ma confession je ne puis m’empêcher d'un petit sourire vicieux. Ma soif d'exhibitionnisme me trahit en outre par une jolie montée adrénaline. Hélas interprété comme un suprême insolence qui entraîne parfois une autre punition. Corvée de ménage à nu, culottes en coton pendant une semaine, port de la guêpière jusqu'à la fin de la journée. En gros des récompenses coquines destinées à entretenir la bonne humeur de mon homme. Car de bonne humeur il est quand il s'agit de me punir. Cela me paraît de bonne guerre. Moi aussi j'ai pris mon pied dans le rayon de beauté. Enfin même sans punition supplémentaire, il ne passe pas sans dire mot sur mon offense à son égard.

Tu mériterais une punition devant tes copines. Pour qu'elle voient ce qui t'arrive. Voila qui te rendrais plus modeste.

Modeste ? Modeste ! Je le pense pas vraiment. Quelle idée de d'encourager mes vilaines fantaisies sur le chemin de l'exhibitionnisme. Dans ce qui est censé être une disgrâce publique se dévoilent des fantasmes de plus ambitieux comme être la seule dame digne de recevoir la fessée de la main de mon homme. Ce qui flatte mon narcissisme par une exposition « vraiment exceptionnelle », tandis que la honte se porte sur mes désirs charnels que la fessée génère dans l'entrejambe. Bref, il faut des copines ouvertes d'esprit. Au point de comprendre que cet acte constitue le préliminaire à une extraordinaire séance de jambes en l'air. Après leur départ bien entendu.

Ceci dit, il y a de quoi aussi pour satisfaire le sadisme des copines qui doivent se résigner à un lot de consolation. Pas de fessée pour elles, mais une ambiance imbibée de volupté généralisée et qui trouve sa décharge dans les regards indiscrets, dans les rires et dans leurs commentaires.

C'est tout, isabelle ?

Je n'aurais surtout pas envie de leur avouer que la présence d'un martinet à la maison me rassure.

Voila une vraie source de honte. De ne pas pouvoir s'en passer d'un esprit clairement orienté vers la discipline qui ne tolère pas que les mauvaises habitudes s'installent. De ne pas pouvoir se comporter en adulte responsable. Le martinet, c'est mon allié qui sert à renforcer les faiblesses de ma volonté quand les impulsions emportent sur les bonnes résolutions et le respect.

Bon assez bavardé, isabelle. Maintenant tu te mettras toute nue pour montrer ton respect pour le martinet.

Inutile de me le rappeler. Pour les mauvais comportements à répétition Monsieur souhaite ma nudité intégrale. Déjà pour l'effet psychologique. Cela établit facilement un rapport d'autorité naturelle et la nudité va symboliquement si bien avec le désir d'un tout nouveau départ. Mais d'abord il faut ranger les courses. J’attends toute nue au coin pendant que monsieur range trouvant qu'il me manque tout sens (toute bonne volonté...) pour organiser une maison. J'attends en costume de punition donc. Il se venge sur le temps que je l'ai fait attendre moi. Plus tard en allant vers le bureau de Monsieur où se passera ma correction je n'échappe pas aux bon conseils.

Je t'avais déjà dit mille fois...

Ce qui sans doute vrai en plus de dix-neufs ans de vie commune. Retenons surtout le nombre mille, car il s'agit en gros de punitions qui interviennent pour mes mille et unes petites manies et habitudes qui agacent mon homme. Il est vrai qu'il n'aime pas attendre pour rien, ni de devoir me chercher partout dans une (très) grande surface. Vivement les petits commerces de proximité. N'empêche, là je connais tout le monde et le papotage risque d'être encore plus long que mon excursion au pays de la beauté. L'abus, je pense que cela va de soi, est puni aussi. C'est ainsi que se ferme derrière nous la porte du bureau de Monsieur. Ma punition se passe entre quatre yeux. Toutefois sans forcement poser une oreille sur la porte, une personne présente dans le couloir saurait très vite comprendre ce qui se passe en huit clos. Elle pourra même me voir dans un coin du bureau de Monsieur, une fois ma sanction effectuée. Voir mes fesses bien striées, voir le martinet accroché sur le mur et voir mon homme quitter la pièce avec une mine radieuse.

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